La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome AgBot T2 d'AgXeed. Le modèle de 230 ch a attiré les cultivateurs.
Malgré la pluie battante et les bourrasques qui battaient la plaine de Falaise, mercredi 7 octobre à Olendon, ils s'y sont risqués. Une cinquantaine d'agriculteurs ont fait le déplacement pour venir voir en chair et en os, ou plutôt en ferraille et composantes électroniques, le robot autonome AgBot T2 d'AgXeed (distribué par Tecmat). La démonstration a été proposée par la Fédération des Cuma Normandie Ouest (FCNO). Le nouveau modèle de 230 ch a été testé deux jours à la Cuma de Sassy.
Jusqu'à 5x moins de tassement
"On s'est approprié le robot. Ce n'est pas hypercompliqué à prendre en main", confie Vincent Barbot de la Cuma de Sassy et président du Séchoir collectif Plaine Pays d'Auge, où la démonstration avait lieu. "Vous avez tout les avantages d'un tracteur moderne, mais en version robot. C'est comme un tracteur, mais sans la cabine", décrit Jonatan Müller, responsable des ventes AgXeed (marque néerlandaise) pour la France, l'Espagne et l'Italie. Pour Damien Cousin, coordinateur et commercial chez Tecmat (groupe Blanchard), distributeur des robots agricoles autonomes AgBot depuis fin 2024, l'engin apporte "vachement de souplesse. Il suffit de l'atteler avec un outil et laisser faire le relevage. C'est même encore plus maniable qu'un tracteur sur le pivotage".
"C'est comme un tracteur, mais sans la cabine."
Face à des tracteurs toujours plus puissants et toujours plus grands, AgXeed a pris le parti d'un robot aux multiples atouts agronomiques. "Il est bien moins lourd qu'un tracteur pour éviter les tassements du sol", explique Jonatan Müller. Les chenilles de 760 mm permettent un tassement de 300 g/cm2, contre 900 à 1 200 g/cm2 pour un tracteur. Il fait 8,5 t, maximum 9 t quand le réservoir de 520 l est plein. Le débit de chantier est certes réduit, avec 13 km/h maximum, mais "la machine s'use beaucoup moins vite [...]. Le robot peut travailler jusqu'à 24 heures d'affilée avec le plein", ajoute-t-il. Sur cette dernière version, le moteur est thermique avec une prise de force à l'avant et à l'arrière (4 cylindres).
L'arpentage comme étape clé
Le plus important demeure la gestion des cartes. Un arpentage RTK est nécessaire "en amont, dans chaque parcelle pour identifier les contours des champs, les éventuels obstacles et paramétrer la droite de référence, les bords à bords, les fourrières", liste Damien Cousin. Une fois envoyées au système central, les mesures permettent le guidage du robot en autonomie, à condition de "bien passer le lamier en hiver et d'entretenir les haies", recommandent le constructeur et le distributeur. "Cela peut faire peur au départ, mais une fois les automatismes acquis, les manipulations sont très simples", remarque Damien Cousin. "C'est pareil qu'une voiture télécommandée, admet Vincent Barbot. Dès que l'on sait où est le point de départ, les commandes sont intuitives."
Le géoréférencement est doublé de quatre caméras radar à l'avant du robot pour la sécurité, ainsi que d'un système Lidar. Une application est disponible pour la supervision à distance avec un système de télémétrie, via les deux antennes (GSM et satellite). "En robotique, rien ne sera jamais 100 % parfait. Il existera toujours un risque, mais tout est fait pour le diminuer", concède Jonatan Müller. L'AgBot n'est pas homologué pour aller sur la route, il faut donc le déplacer avec un porte char. Une fois au champ, il est autonome, sauf s'il faut passer des chemins publics, auquel cas, vous devez être au guidage.
Des essais pour éprouver
Depuis plus d'un an, la FCNO explore "la robotique des champs", évoque Christophe Barbu, agriculteur qui préside la commission machinisme. "Les technologies évoluent, d'où la mise en place d'essais sur le terrain", confirme Stéphane Volant, chargé de mission à la fédération régionale. Déjà au printemps 2026, quatre adhérents de la Cuma de Carville à la Chapelle-du-Fest (Centre Manche) avaient testé l'AgXeed T2 (156 ch) pour semer de l'orge, après un maïs grain, avec un semoir Lemken solitaire 8 de 3,5 m de large, sur 23,3 ha. Une quinzaine d'exploitations bénéficient de ce robot en France, dont une ferme dans l'Eure. "Nous en sommes au début de la réflexion seulement. Pour le rentabiliser, le robot doit tourner au minimum 500 à 600 heures par an", conclut Stéphane Volant.