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SIA 2024
[LA TABLE RONDE] La féminisation en milieu agricole ? Peut mieux faire

Une table ronde a été organisée sur le stand AgriDemain du Salon international de l'agriculture, dimanche 25 février 2024. L'occasion de faire le point sur la féminisation en milieu agricole. Réalité ou mythe ?

Une nouvelle journée au Salon international de l'agriculture, de nouvelles perspectives. Dimanche
25 février 2024, Vox Demeter, média spécialisé sur la thématique des femmes en agriculture, a organisé une table ronde autour de la place des femmes dans les métiers agricoles. 

L'occasion de s'interroger sur l'espace et les responsabilités qui leur sont réellement accordés. La rencontre a pris place sur le stand de l'association AgriDemain, dans le hall 4 du SIA.

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Constat

Autour de la table, quatre femmes et quatre hommes débattent. La parité est de mise. Pour autant, sur le terrain ou dans les bureaux, il n'en est pas toujours ainsi. Gabrielle Dufour, responsable communication AgrIDées, liste 47 % de jeunes femmes dans les lycées, près de 60 % dans les écoles d'ingénieurs agronomes. 

Des statistiques somme toute encourageantes, mais c'est après que ça se gâte. "26 % de femmes cheffes d'exploitation et ça ne bouge pas depuis dix ans, 30 % d'actives agricoles", relate-t-elle. 

L'arbre qui cache la forêt d'après François Purseigle, professeur en sociologie et auteur du livre Une agriculture sans agriculteurs : La révolution indicible, paru aux Presses Sciences Po. "Nous sommes très très loin de la dite féminisation. Au contraire, nous n'avons jamais eu aussi peu d'actives puisque les nouvelles ne compensent pas le départ en retraite des conjointes collaboratrices de l'époque", déplore-t-il. "Une féminisation en demi-teinte", juge Gabrielle Dufour.

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Pas une fatalité

Si les femmes ont été des actrices majeures de l'évolution à la ferme en "impulsant l'arrivée de l'informatique, la dynamique des circuits courts avec l'évolution des systèmes de vente directe", d'après François Purseigle, force est de constater qu'elles sont encore trop peu nombreuses dans les cours de ferme. 

"Elles ont envie, mais elles doutent plus de leurs capacités que les hommes", constate Valérie Leroux, directrice générale déléguée d'UniLaSalle. À ce titre, l'institut polytechnique a mis en place un pôle d’entrepreneuriat féminin. 

Aurore Paillard, installée en tant que céréalière en Bourgogne, a mis du temps avant de se lancer dans les grandes cultures. C'est en 2016 qu'elle saute le pas pour reprendre la ferme de son père, laissant derrière elle son diplôme de mode, artisanat et métiers d'art. "Ma mère ne l'a pas accepté. Elle a subi ce choix", relate-t-elle.

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Comme les autres

"Je ne souffre pas d'être une femme dans le milieu agricole", clame Armelle Parmentier, 40 ans, responsable d'un site de méthanisation en Seine-et-Marne. Si elle juge ne pas avoir été "traitée différemment parce qu'elle était une femme", cette fille d'agriculteur admet que son grand frère a toujours été pressenti pour reprendre la ferme familiale. "Ce ne sont pas des choses qui se disent, mais qui se sentent", exprime-t-elle. 

Armelle Parmentier est responsable d'un site de méthanisation en Seine-et-Marne. Avant de briser les codes dans ce milieu souvent réservé aux hommes, elle a été éleveuse laitière dans la Manche avec son conjoint. © LM

Ce qui ne l'a pas empêchée d'entreprendre de son côté. De 2010 à 2020, elle a été à la tête d'un élevage laitier avec son mari à Rozel, près de Cherbourg (50). Le couple y transformait son lait en yaourt, crème crue et faisselle. "Nous avions 70 vaches laitières Prim'Holstein et nous transformions 300 000 litres de lait", se remémore-t-elle. 

La perte de leur marché (cantines scolaires et hôpitaux du secteur) à la suite de l'arrivée d'un ESAT les a amenés à changer de projet et revendre la ferme. "Ça se passait très bien, j'en garde plein de bons souvenirs", avoue Armelle qui est revenue dans sa région d'origine où elle a finalement rejoint le secteur de la méthanisation avec succès.

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Penser différemment

Olivier Clos de chez MG consultants (recrutement pour les coopératives, les négoces, etc.) remarque que lorsqu'il s'agit de vendre du matériel, c'est tout de suite plus compliqué. "Il y a encore un plafond de verre sur certains postes. La discrimination de salaire existe [...] mais ça bouge." 

"Il existe des freins selon les secteurs géographiques aussi. [...] Il faut rebondir, il faut oser", enjoint Aurore Paillard qui a diversifié son exploitation en introduisant la culture de safran en 2020 et qui envisage du tourisme à la ferme.

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