La MSA Cotes Normandes toujours en attente de moyens
Si la MSA Côtes Normandes n'est pas encore fixée sur les moyens financiers et humains que lui accorde le gouvernement pour les cinq prochaines années, elle veut aller à la rencontre de ses affiliés pour mieux se faire connaître et faire valoir son régime de protection sociale agricole.
âComment convaincre, écouter et maintenir le dialogue lorsque les tensions s'installent ? Telle était la question que Bernard Thellier, ex-négociateur principal du GIGN a posée lors de l'assemblée générale de la MSA Côtes Normandes du 18 juin dernier à Condé-sur-Vire. Pendant plus d'une heure, il a fait part de son expérience de terrain, apporté des pistes de réflexion et des clés concrètes pour développer son empathie, garder le contrôle de ses émotions et transformer les échecs en leviers de progression, conduisant à chacun à repenser la manière de créer la confiance et maintenir le lien.
Ne pas perdre son âme
Qu'est-ce que la MSA Côtes Normandes pourrait bien retenir et plus largement la caisse centrale de cette intervention notamment en pleine période de négociation de la Convention d'objectifs et de gestion ? Un des administrateurs lui demande clairement conseil pour que la situation se débloque. En effet, depuis plus d'un an, la MSA négocie pour obtenir des moyens financiers et humains, ou tout du moins ne pas en perdre. " La protection sociale du 1er kilomètre qui est notre force ne peut pas perdre son âme ", défend la présidente de la MSA Côtes Normandes, Sylviane Pralus. " Nous avons rencontré les parlementaires, sollicité les élus locaux pour appuyer nos demandes auprès du Premier ministre, Sébastien Lecornu ", rappelle-t-elle.
Une stratégie d'influence payante ?
" La stratégie d'influence a fonctionné puisque nous avons reçu plus de 2 500 signatures à l'échelle nationale. 90 questions ont été posées au gouvernement. Nous ne pouvions pas rester sans rien faire, les propositions du gouvernement étaient inacceptables ", confie Michel Serpaud, 1er vice-président de la Caisse centrale de la MSA, venu le 18 juin à Condé-sur-Vire.
" Notre souhait est de bien négocier tout d'un bloc (moyens humains, financiers, informatique, immobilier...). " On ne peut pas nous dire que la digitalisation va résoudre tous les problèmes ", assure-t-il. Des propos partagés par Philippe Gosselin, député de la Manche. " Ce que vous demandez est à la fois logique et raisonnable. Vous avez des atouts : ce sont les délégués qui sont tour à tour couteau suisse ou mouton à cinq pattes. Mais c'est votre force qui vous permet d'être un réseau de proximité. Un réseau que les pouvoirs publics doivent respecter ", insiste-t-il. " La plus-value de la MSA, c'est chaque délégué, chaque adhérent. C'est aussi votre façon de fonctionner ", conclut Bernard Thellier. Les réponses sont attendues dans les prochaines semaines.
Se faire connaître
Justement, la communication envers les différents publics est le point d'orgue des animations de territoire pour les prochains mois que les délégués des 23 échelons locaux vont pouvoir s'emparer, " avec une attention plus particulière vers les jeunes ", soulignent Karine Lesouef et Renaud Pigny respectivement président du Codep (comité des responsables d'échelons) de la Manche et du Calvados.
La MSA Côtes Normandes en chiffres
154 000 personnes (37 600 salariés actifs, 13 551 non salariés actifs et 5 600 employeurs) sont affiliées soit un peu plus d'une personne sur huit dont 52 % de retraités.
86 393 bénéficiaires de prestations maladie.
10 253 bénéficiaires de prestations familiales.
80 695 bénéficiaires de prestations de retraite.
358,53 millions d'euros de cotisations sont collectés dont 93,48 millions d'euros par les non-salariés, 26 204 millions d'euros pour les salariés.
La MSA verse 758,53 millions d'euros de prestations dont 515,32 millions de retraite.
3,7 millions d'euros sont consacrés à l'action sanitaire et sociale (prestations individuelles, subventions, actions collectives).