Sécheresse & gestion de l'eau
Le barrage du Gast sera rehaussé de deux mètres
C'est décidé. Le barrage du Gast sera rehaussé de deux mètres pour permettre non plus de stocker deux millions de m3 d'eau, mais passer à trois millions et demi de m3 d'ici cinq ans. Le coût des études et des travaux sont estimés à dix millions d'euros.
" Cet été, on n'est pas passé loin de la catastrophe à plusieurs reprises ", souligne Sylvain Leroyer, nouveau maire de Noues-de-Sienne. Il a accueilli l'Institution interdépartementale du bassin de la Sienne (IIBS), présidée par Valérie Nouvel, conseillère départementale de la Manche, jeudi 17 septembre 2026 au Gast, commune déléguée de Noues-de-Sienne.
Le manque de précipitations accumulé depuis mars 2026 a fait chuter le débit des cours d'eau. À la mi-septembre 2026, le niveau des pluies n'était que de 15 mm pour une normale de 75 mm. "Sans le soutien des lâchers d'eau du barrage du Gast, le bassin de la Sienne aurait subi une rupture totale d'approvisionnement en eau potable", note la présidente.
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Dix millions d'euros
Cette année, ces lâchers vers la Sienne ont donc dû se faire plus tôt, dès la fin du mois de mai au lieu de juillet habituellement. "Au 15 janvier 2026, le barrage était déjà rempli. Toute la pluie, tombée jusqu'en mars, n'a pas pu être retenue. Elle est repartie dans la Sienne, jusqu'au Havre de Régneville", se désole-t-elle.
Bien que la réflexion remonte à près de dix ans, les membres de l'IIBS, composée d'élus de la Manche et du Calvados, ont opté le 17 septembre 2026 pour une rehausse du barrage du Gast de deux mètres.
"Si nous avions choisi seulement 80 cm, nous n'aurions rien sécurisé", affirme Valérie Nouvel. Il faudra attendre cinq ans pour voir les études, puis les travaux, se réaliser, pour un coût de dix millions d'euros.
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Ne pas être confronté à la pénurie
Pour le Sdeau 50 (Syndicat départemental de l'eau de la Manche), le barrage est "un outil stratégique interdépartemental dont la ressource est essentielle", affirme le président, Vincent Pichon. Quatre points de prélèvements bénéficient de cette ressource le long de la Sienne et les deux usines situées en aval participent à la sécurisation du secteur granvillais, avec une importance toute particulière pendant la période estivale. "Grâce aux interconnexions, l'eau de la Sienne se promène très loin dans nos départements", avance Valérie Nouvel.
"Elles nous donnent surtout une marge de sécurité supplémentaire pour les décennies à venir. On ne doit pas attendre d'être confronté à la pénurie pour agir", note le président du Sdeau 50.
"Il y a 40 ans, c'était courageux de créer ces deux bassines"
" Tous les projets permettant d'optimiser les excès d'eau en période hivernale pour mieux se préparer à des difficultés en période estivale vont dans le bon sens. J'y suis favorable ", affirme haut et fort Jean-Yves Heurtin, président de la Chambre d'agriculture du Calvados et conseiller départemental.
Pour lui, les élus de l'époque ont " fait preuve de courage " en créant " la bassine du Gast et de la Dathée. Et j'emploie ce terme volontairement. Ces réserves sont essentielles pour les habitants tout comme pour le monde agricole ou encore les industries, notamment celles de la transformation laitière. On ne peut pas imaginer voir le lait partir à 50 ou 100 km pour être transformé. Ce serait un gâchis phénoménal ", poursuit-il.
"Optimiser ces réserves est une très bonne chose. Elles ont d'ores et déjà une multi-utilité. On ne peut pas rester dans l'immobilisme ", conclut-il.
Le lac de la Dathée rehaussé aussi
Situé à 13 km du barrage du Gast, le lac de la Dathée pourrait voir sa capacité de stockage évoluer également. C'est le souhait de Michel Lelarge, président du syndicat des eaux du Bocage virois. "En le rehaussant de 40 à 50 cm, on pourrait gagner 400 000 m3 ", prévient-il.
Le cabinet en assistance à maîtrise d'ouvrage a été retenu tout comme pour "la création d'une retenue d'1,3 millions de m3 afin d'alimenter l'usine du Moulin Neuf située à Roullours, aux portes de Vire. Si on peut capter cette eau, la stocker, la traiter et la renvoyer dans les réseaux, cela servira à tout le monde, y compris Saint-Lô", explique l'élu. Cinq à six ans sont nécessaires pour faire les études et les travaux.
Pour rappel, le lac de la Dathée a été mis en service en juin 1977 et le barrage du Gast a été construit en 1986.
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