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Filière normande
Le houblon en Normandie, une plante exigeante

Sur l'exploitation de Benoît Lamy à Touffréville dans le Calvados, blé, colza, maïs, luzerne sont exploités. En 2020, une culture inédite en Normandie a été plantée : le houblon. Avec d'autres producteurs, l'agriculteur a créé en 2019 l'association Houblons de Normandie.

Arrivé il y a peu en Normandie, le houblon fait son petit bonhomme de chemin chez les agriculteurs. Sur la ferme de Benoît Lamy, à Touffréville dans le Calvados, se développe une houblonnière de 1,2 ha. Il est l'un des pionniers de cette culture en Normandie. En 2019, il a créé avec d'autres producteurs normands, l'association Houblons de Normandie.

Place forte

Aujourd'hui, la Normandie totalise sept houblonniers à son actif. D'ici deux ans, la région comptera au moins dix producteurs pour une surface de 25 ha. Cela peut surprendre, mais la région se veut être une place forte de la bière avec environ 130 brasseurs. "On essaie de proposer une large variété de houblons aux brasseurs, mais on ne peut pas tout faire, donc c'est aussi à eux de s'adapter à ce qui est fait localement", relate Benoît Lamy. En France, le berceau du houblon est situé en Alsace. C'est de là que viennent la plupart des plants français. Pour le reste, les variétés de houblons sont plutôt issues du Royaume-Uni, d'Allemagne ou d'Amérique du Nord. L'espèce de houblon la plus commune est la Cascade, originaire des États-Unis. Ses cousines, Centennial, Nugget et Comet, s'adaptent bien au climat européen. Côté français, les variétés Mistral, Aramis et Triskel, sont également très fréquentes dans les houblonnières normandes.

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Un entretien rigoureux

Le houblon étant une plante grimpante, elle a besoin d'une structure pour se développer. Les houblonniers installent donc des câbles à environ 4 m de haut, pour supporter les cordes qui vont tenir les plants. Pour 1,20 ha, Benoît Lamy a passé trois jours à installer 5 500 ficelles avec un salarié. Il intervient un peu plus tard pour effeuiller minimum 80 centimètres au bas de la plante pour éviter que les maladies montent sur le plant. "Le houblon, c'est 600 heures de travail par hectare et par an, d'après la référence nationale. En réalité, sans compter le temps que je passe dessus, en prenant juste les heures de mes salariés, on les a déjà atteintes", réalise-t-il.

Lire aussi : Les producteurs normands de houblon réunis

La récolte tombe début septembre. Les ficelles sont coupées une à une au ras du sol. Une fois les lianes récupérées, elles sont passées dans des batteurs qui récupèrent les feuilles et les cônes, puis les deux sont séparés pour ne conserver que les cônes. Benoît Lamy les envoie ensuite dans son séchoir pour les transformer en pellets. L'association Houblons de Normandie a investi, en 2022, dans une machine pour assurer la transformation. Les brasseurs achètent ensuite les pellets aux houblonniers pour les faire infuser dans leur brassin.

Lire aussi : Expérimentation : une nouvelle houblonnière au grand Donnay dans le Calvados

Les menaces

La culture est soumise à plusieurs éléments qui pourraient compromettre la quantité récoltée. Le premier facteur est lié à la météo. La liane a besoin d'une quantité d'eau importante pour croître suffisamment, la sécheresse peut mettre en péril toute une année de production. "En 2023, j'ai pu récolter 900 kg, alors qu'en 2022, la sécheresse a réduit à néant la récolte. Je n'ai pu sauver que 70 kg, se souvient-il. Cette année, avec toute la pluie qu'on a eue, le houblon a bien pu se développer, mais il faut maintenant gérer le mildiou et les pucerons." L'autre problématique à laquelle la plante peut être confrontée : l'hermaphrodisme. "On cherche à avoir uniquement des fleurs femelles non fécondées, donc il ne faut pas qu'il y ait de mâles dans les environs." Or la chaleur prolongée, principale responsable de ce phénomène, engendre un changement de genre. La solution, arracher le mâle avant qu'il n'ait fécondé les plants alentour. Il faut donc surveiller la houblonnière comme le lait sur le feu...

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