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Assemblée générale 2026 du GDS du Calvados
Le projet Bioget : l'ambition de l'éradication de la tuberculose bovine

Lors de l'assemblée générale du GDS du Calvados, le projet de recherche scientifique Bioget a été présenté à l'audience, mardi 9 juin 2026 à Hérouville-Saint-Clair. Avec Labéo à la manœuvre, le programme est innovant.

C'est LE sujet sanitaire dont tout le monde agricole se passerait bien en Normandie. Depuis le début de la campagne de prophylaxie 2025-2026, quatorze foyers de tuberculose bovine (six dans le Calvados et huit dans l'Orne) ont été détectés. 

Face à cette explosion de cas - en comparaison aux années précédentes - le Groupement de défense sanitaire du Calvados (GDS) a fait le focus sur cette thématique, lors de son assemblée générale à Hérouville-Saint-Clair, mardi 9 juin 2026. Au niveau international, 10,6 millions de nouveaux cas sont détectés par an. En 2022, la tuberculose provoquait 1,6 million de morts chez l'homme.

Lire aussi : Les cas de tuberculose bovine se multiplient dans l'Orne et dans le Calvados

Un projet innovant

Depuis deux ans déjà, le monde scientifique, en lien avec les services sanitaires et la filière agricole, y travaille : il est temps d'entrer dans la phase de recherche du projet Bioget (Biomarqueurs immunitaires génétiques pour Optimiser le diagnostic et la GEstion de la Tuberculose dans les élevages normands). Pierre-Hugues Pitel, directeur des pôles santé et recherche et développement chez Labéo, est venu expliquer dans les grandes lettres ce programme inédit, "avec 800 000 € de fonds."

"Nous avons un long chemin devant nous face à la tuberculose bovine. Soit, on continue à se lamenter en se disant que ce qu'on a n'est pas satisfaisant, soit on essaye de travailler de concert et de faire avancer le dossier", résume le chercheur comme postulat de départ. L'objectif est clair : étudier au plus près "la souche normande GB35 et les sous types génétiques de la souche pour comprendre l'épidémiologie", déclare Pierre-Hugues Pitel.

Lire aussi : Tuberculose : défendre un protocole expérimental

Plan d'actions

Labéo souhaite s'appuyer sur tous les tests déjà faits et répertorier toutes les connaissances existantes sur la zoonose. Mais avec Bioget, l'idée est d'aller au-delà. "On veut s'intéresser à la vache et ce qui se passe en elle. Observer la réaction du système suite à l'entrée du bacille tuberculeux dans l'organisme par voie respiratoire", remarque-t-il.

"Bioget essaye d'aller vers une meilleure identification des bovins porteurs et des bovins excréteurs."

En coordonnant les différents acteurs, Labéo met en place une cohorte normande. "On veut prélever un maximum de choses dans les fermes pour les conserver et ainsi, établir des profils immunitaires, une stratification des statuts cliniques dans les élevages normands", explique Pierre-Hugues Pitel. "Ce sont des outils très modernes qui n'existaient pas il y a cinq ans. [...] Merci aux éleveurs qui ouvrent leurs portes aux chercheurs. Il y a des réponses à aller chercher", constate Étienne Gavart, directeur du GDS 14.

Avancer

In fine, les tests pourraient à terme être plus prédictifs grâce à ces données. "Si on identifie la signature immunitaire, la détection des cytokines et leurs niveaux d'expression, on pourra déterminer un contexte immunitaire dans les élevages normands", relève-t-il. 

En résumé, Bioget est un projet d'approche génétique pour travailler la voie immunitaire. Labéo prend l'exemple de la paratuberculose bovine où un prisme génomique est disponible sur la voie mâle et disponible en race Prim'Holstein et Normande avec quatre plans d'assainissement.

"Nous n'allons pas tout révolutionner mais on a une vraie volonté d'élaborer des pistes concrètes et de savoir s'il y a une persistance du bacille tuberculeux dans l'environnement, hors faune sauvage", achève le chercheur.

"La science évolue tellement vite, ce serait dommage de ne pas se prémunir de ces outils-là. On veut essayer de répondre aux interrogations des éleveurs, confie Jonathan Lenourichel, président du GDS, à l'issue de la présentation. Il faut une volonté politique pour mettre en œuvre ces recherches. C'est notre devoir en tant que GDS d'accompagner ce projet. J'espère que ça aboutira." "C'est collectivement qu'on y parviendra. On vous garantit notre dévotion sans faille au sujet", ajoute Étienne Gavart.

Lire aussi : Tuberculose : un dispositif pour venir en aide aux éleveurs touchés par un abattage total

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