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Temps d'échange
Les ETA interpellent Chantal Jourdan sur le crédit d'impôt

Vendredi 13 mars, Chantal Jourdan, députée ornaise et la seule élue sur les 27 contactés par EDT Normandie à avoir répondu à leur interpellation au sujet du crédit d'impôt accordé aux Cuma, a été accueillie par plusieurs chefs d'entreprise à la SARL Appert située à Saint-Martin-des-Landes.

Vendredi 13 mars, des gérants d'ETA (Entreprise de travaux agricoles) normandes ont reçu la députée de l'Orne Chantal Jourdan sur le site de la SARL Appert, à Saint-Martin-des-Landes. L'objectif de cette rencontre était d'échanger sur les conséquences du nouveau crédit d'impôt accordé aux fermes adhérentes de Cuma pour effectuer leurs travaux agricoles. Cette mesure a été inscrite dans la loi de finances 2026 mais les ETA n'en bénéficient pas. Les responsables d'EDT Normandie ont donc voulu alerter les parlementaires sur les risques de distorsion économique que cela pourrait causer, tout en rappelant que "les deux modèles sont complémentaires et il serait impossible pour les ETA seules d'assumer la charge de travail", rappelle d'entrée de jeu Freddy Preel, délégué régional FNEDT (Fédération nationale des entrepreneurs des territoires).

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Mesure asymétrique

La mesure pointée du doigt par les ETA prévoit un crédit d'impôt destiné à soutenir la mécanisation collective via les Cuma. Concrètement, les exploitations adhérentes peuvent bénéficier d'un avantage fiscal pouvant atteindre 3 000 € par associé, dans la limite de 10 000 € par exploitation. Si l'objectif affiché est de réduire les charges de mécanisation et d'encourager la mutualisation du matériel, les représentants des ETA redoutent ses effets collatéraux. "On ne remet pas en cause les Cuma, avec lesquelles nous travaillons depuis toujours. Mais il faut une équité de traitement sans quoi la pérennité de nos entreprises ne pourra plus être assurée", résume Freddy Preel. Patrice Gauquelin, gérant d'une ETA dans l'Orne et ancien président d'EDT Normandie, abonde : "Même nos clients historiques ne vont pas hésiter à se tourner vers les Cuma pour avoir le droit à ce crédit d'impôt... Et on les comprend !"

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Des investissements qui pèsent lourd

Sur le terrain, les chefs d'entreprise rappellent le prix croissant des investissements nécessaires pour assurer certaines prestations. "Aujourd'hui, une ensileuse ou une moissonneuse peut coûter facilement 400 000 €. Même les ETA commencent à se tourner vers du matériel d'occasion", explique Nicolas Delaunay, nouveau président d'EDT Normandie qui a bien rappelé l'importance d'avoir de la visibilité sur le long terme pour exercer leur activité.

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Une complémentarité à préserver

Tout au long de l'échange, les entrepreneurs ont tenu a insisté auprès de Chantal Jourdan sur la complémentarité entre Cuma et ETA. "On serait bien incapables d'assurer tous les travaux agricoles sans les Cuma. [...] Avantager un système plutôt que l'autre ne ferait que décevoir les clients qui se sentiraient lésés", reconnaissent-ils. "On pourrait comprendre que du point de vue de l'agriculteur, on préfère adhérer à une Cuma plutôt que travailler avec une ETA pour économiser jusqu'à 3 000 € même après dix ans de collaboration", admet Patrice Gauquelin.

Et, au-delà de l'aspect économique, les responsables évoquent aussi l'enjeu de l'emploi rural. "Si l'activité baisse, il faudra expliquer à nos salariés que leur avenir professionnel est menacé", souligne Patrice Gauquelin en ajoutant que les 780 entreprises de travaux agricoles emploient environ 3 700 salariés sur le territoire.

Lire aussi : EDT Normandie vent debout sur le crédit d'impôt

La députée à l'écoute

La députée socialiste Chantal Jourdan, elle-même fille d'agriculteurs, a bien entendu les craintes des entrepreneurs. Tout en rappelant l'esprit de la mesure qu'elle a votée, - "L'objectif était de favoriser la coopération entre les agriculteurs et de les aider à réduire leurs charges de mécanisation" - elle a reconnu les interrogations qu'elle soulevait et a estimé qu'il faudrait être vigilant sur les effets du dispositif. "Nous allons devoir analyser si un modèle agricole est réellement favorisé. Et si oui, les types d'exploitations concernés", précise-t-elle

À l'issue de l'entrevue, les entrepreneurs ont salué la venue de l'élue et espèrent que ces échanges permettront d'engager une réflexion rapide et juste sur la prise en compte des ETA dans les politiques publiques.

Haies : des délais incohérents

Les représentants d'EDT Normandie ont également alerté la députée au sujet des dates d'entretien des haies. Une demande de dérogation partielle a été adressée mi-février aux services de l'État pour plusieurs départements normands, sans réponse au moment de la réunion, malgré plusieurs relances. "Comment organiser les plannings et le travail des salariés dans ces conditions ?" interrogent les chefs d'entreprise, qui plaident pour une harmonisation avec les dates européennes fixées du 1er avril au 31 juillet.

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