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Organisation de producteurs, commuinication positive
L’OP des 3 vallées lance sa marque de petits suisses

Les 86 membres de l’OP, basée dans le Bessin et qui livrent à Danone, prennent leur destin en main. Ils lancent leur propre marque, Les éleveurs de bonheur, et commercialisent depuis le 2 novembre 2012 des petits suisses dans 120 magasins U.

OP des 3 vallées
Les éleveurs de l’OP des 3 vallées à Ryes (14), mardi 9 novembre, lors du lancement officiel de la marque qu’ils ont créée : Les éleveurs de bonheur.
© DR

Avec ses 86 éleveurs et 50 millions de litres de lait livrés à Danone, l’OP des 3 vallées « est l’une des plus petites OP en France », souligne Damien Lecuir, son président, mardi 9 novembre, dans sa ferme, à Ryes (14). C’est pourtant l’une des premières à avoir l’idée de lancer sa propre marque, après une étude marketing réalisée courant 2020.

Petit suisse

« On est parti du consommateur », indique Olivier Mével, maître de conférences en sciences de gestion et consultant en stratégie des entreprises agroalimentaires. Il a réalisé l’étude, menée auprès de 1 429 acheteurs, qui révèle l’attachement des enquêtés aux produits locaux et notamment à ceux de Normandie. « Ils considèrent l’origine normande comme un gage de qualité », se réjouit Damien Lecuir. Pour les producteurs, l’idée est de créer un nouveau débouché. Ils choisissent le petit suisse nature, « un produit gourmand » qui valorise bien le lait. Pour construire son produit, l’OP rencontre sa laiterie et lui présente son projet. « On n’avait pas l’idée de recréer une usine, retrace Damien Lecuir, car on a déjà beaucoup d’investissements dans nos fermes ». Les éleveurs veulent « favoriser le travail de leurs équipes » de l’usine Danone du Molay-Littry, dont ils se sentent de la même famille. Autre avantage, l’usine fabrique déjà du petit suisse.

Les petits suisses de la marque Les éleveurs de bonheur, créée par l’OP des 3 vallées, qui appuie sa communication sur la mention de la Normandie.
© DB

En exclusivité chez U pour six mois

Les éleveurs ont fait appel à une agence caennaise pour la création du logo et du packaging. « Le logo rappelle un cœur, la vache à taches, la Normande, et les couleurs, celles des fleurs qu’on trouve dans nos prés », s’amuse le président. En avril 2021, ils rencontrent les magasins U, « ça a matché, on a trouvé des intérêts communs ». « On a été séduits par leur démarche », confirme Céline Deboskre, cheffe de groupe laitier pour la centrale nationale. Depuis le 2 novembre et pour six mois, 90 000 packs de petits suisses sont commercialisés dans 120 points de vente, en exclusivité chez U. La suite va dépendre du succès de l’entreprise. Les éleveurs mouillent le maillot puisque 28 demi-journées d’animation sont prévues dans les magasins de Normandie, du nord et de l’Île-de-France. Pour Thierry Desouches, chargé des relations extérieures de la coopérative U, « on prépare l’avenir : on a besoin d’avoir des agriculteurs présents sur nos territoires demain ».

Samedi 13 novembre, Viriginie Sartorio et Emile Lemière présentent les petits suisses de leur marque Les éleveurs de bonheur au super U de Grand Quevilly (27). Les éleveurs assurent 28 demi-journées d’animation pour promouvoir leur nouveau produit commercialisé dans les magasins U depuis le 2 novembre.
© Virginie Sartorio

La démarche de l’OP des 3 vallées

La démarche de groupe, avec « un esprit collectif », a permis de créer « un nouveau débouché » afin de de développer « la croissance de notre chiffre d’affaires, grâce à une meilleure valorisation », défend Damien Lecuir. Une partie des ventes est reversée par Danone à la marque Les Éleveurs de bonheur qui la redistribue aux adhérents de l’OP. Le produit reflète leur engagement. « Nous avons une démarche durable et responsable », martèle Damien Lecuir en montrant ses prés, « 100 % des élevages sont diagnostiqués sur leur empreinte carbone et le bien-être animal ». Il rappelle aussi l’engagement des adhérents à des actions innovantes, « sur le pâturage, la conservation des sols, la réduction des phytos, le soja normand ». Une approche qui séduit : « ils ont pris le tournant de la nouvelle agriculture avec du pâturage et le respect de la biodiversité », se félicite Céline Deboskre. Le petit suisse est un produit de lancement, « on se fait la main », résume le président. « On espère qu’il y en aura d’autres », escompte la responsable U. « On est un peu audacieux, lance Damien Lecuir, si ça marche on sera heureux, si ça ne marche pas, on sera contents de l’avoir fait ».

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