"Pour adapter nos vergers au changement climatique, chaque année, nous réalisons six à dix croisements de variétés d'arbres"
Croisements rustiques, porte-greffes vigoureux, vergers testés de la Manche au sud de Tours : l'Institut Français des Productions Cidricoles, à Sées, cherche des pommiers capables de résister au changement climatique. Rémi Baudouin, son directeur scientifique et technique, détaille les travaux de l'IFPC.
Croisements rustiques, porte-greffes vigoureux, vergers testés de la Manche au sud de Tours : l'Institut Français des Productions Cidricoles, à Sées, cherche des pommiers capables de résister au changement climatique. Rémi Baudouin, son directeur scientifique et technique, détaille les travaux de l'IFPC.
Quel est l'impact des fortes températures sur la récolte de pomme, cette année ?
La récolte est très précoce. Certaines unités industrielles ont ouvert peu après le 15 août, au lieu de fin août habituellement. À ce stade, on pourrait être autour de 50 % de fruits en moins, même si la récolte n'est pas terminée et que cela dépendra des zones. Les fruits sont plus petits et ont moins grossi mais ils sont plus riches en sucre. On risque donc d'avoir moins de jus, mais un jus plus concentré, ce qui pourrait entraîner une augmentation du degré d'alcool après fermentation. Entre les années 2000 et 2022-2023, on a gagné environ un point d'alcool en moyenne. Aujourd'hui, on constate que ces évolutions deviennent plus fréquentes. Habituellement, les cidres bruts sont autour de 5,5 % d'alcool. On pourrait donc imaginer certains cidres atteindre environ 6 à 6,5 %, même si le niveau exact dépendra des produits.