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Loisirs
[VIDEO] J'ai testé pour vous : un saut en parachute à 3 000

3 000 mètres bien sûr, pas 3 000 euros, ça coûte 10 fois moins. Un rapport qualité prix à la hauteur d'une décharge d'adrénaline encore jamais atteinte à 61 printemps et un moment de grande sérénité retrouvée une fois les deux pieds reposés sur le plancher des vaches.

On devrait toujours se méfier des petites questions anodines d'une collègue de boulot à la pause-cigarette. "Ça te ferait peur de sauter en parachute ?", avait sondé Mlle Lapoisse (N.D.L.R. : nom d'emprunt) un matin de mars 2023. Avec un statut de chef à défendre, "bien sûr que non", ai-je répondu. J'ai d'ailleurs déjà sauté à l'élastique à La Souleuvre, dans le Calvados.

C'est ainsi que le 14 avril 2023, lors d'une soirée festive entre collègues et enfants à l'occasion de mes 60 ans, je me suis vu offrir un "bon cadeau" pour un saut en parachute. Il m'aura fallu un an, jour pour jour, pour que je me jette à l'eau. Enfin, pour que je m'envoie en l'air.

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Un an de maturation

Le 14 avril dernier, dès potron-minet, je quittais ma banlieue caennaise pour rejoindre l'aérodrome de Granville à Bréville-sur-Mer, dans la Manche. Melle Lapoisse ainsi qu'une autre collaboratrice, organisatrice administrative pour mon compte dans cette aventure, étaient du voyage.

Convoquées à 7 h 30, les équipes du club (Abalone parachutisme) sont à pied d'œuvre. Le pilote astique le pare-brise de son Cessna 182 pendant que mon moniteur (John Le Noir) commence à m'harnacher. Le tutoiement est de rigueur, l'ambiance bienveillante. Les accompagnants ont les mots à la plaisanterie pendant que d'autres maux m'imprègnent le corps et l'âme.

Puis c'est l'heure du briefing. 10 minutes d'explications et de répétitions de 3 gestes fondamentaux : la position des mains au top départ et celle des pieds au top arrivée. Entre les deux, bras levés et écartés pour un effet frein pendant la chute libre. Je n'ai pas vraiment tout assimilé mais faisant partie du second vol et disposant donc d'un peu de temps, je m'efforce à refaire ces gestes. Des gestes qui sauvent peut-être ?

L'attente me paraît longue d'autant plus que "pas le droit de fumer". Faudrait pas endommager le matériel d'une brûlure de cigarette. Puis c'est le top départ. D'abord dans une remorque attelée à une voiture pour rejoindre l'avion puis embarquement immédiat.

"Même pas peur", dans ma tête. J'ai été pilote et lâché seul au manche à balai d'un Robin dans ma jeunesse. Ce que j'ignore, c'est que quand le moniteur, au moment du brief, nous a indiqué que l'avion n'avait pas de porte, "comme un Boeing", je croyais à la plaisanterie, ben non !

Alors c'est parti pour 20 minutes de vol, allongé dans la soute au bord du vide avec un vent pénétrant. Pas vu grand-chose de la ville fortifiée de Granville, de la baie du Mont-St-Michel ou des Iles Chausey. On est au-dessus des nuages. La tension monte encore d'un cran quand votre tandem vous invite à enfiler vos lunettes. Vous savez que, dans quelques secondes, il vous faudra effectuer un virage à 90o pour vous retrouver les pieds dans le vide, le visage au grand air vivifiant à 3 000 m.

Lire aussi : [VIDEO] Dans la Manche, les agricultrices se forment aux gestes qui sauvent

De 200 à 40 km/h

Puis c'est parti pour 40 secondes de chute libre à 200 km/h. Je me souviens avoir crié "c'est super" malgré les déformations du visage. À 1 500 mètres et grâce à son altimètre, le moniteur ouvre le parachute. Ça secoue un peu, il faut bien l'avouer, on passe de 200 à 40 km/h. Puis, ce n'est que du bonheur.

On se prendrait presque pour Icare. Dieu que la campagne, mélange de jaune colza et vert pâturage, mérite d'être vue du ciel. Merci les agriculteurs. Et au ciel, j'y suis encore pour 4 minutes. Aucune appréhension à l'atterrissage d'autant plus qu'on a encore perdu 10 km/h.

Mais il faut tenir les jambes à la perpendiculaire du buste pour ne pas planter les pieds pendant que votre tandem se pose sur le fessier. Compte tenu de la vitesse, il pourrait vous passer par-dessus et vous écraser au passage. Ça me rappelle le ski avec le planté de bâton. Je me suis un peu raté mais allez garder les jambes à l'horizontale pendant 20 secondes vu ma souplesse et habillé comme un Bibendum.

Voilà, il n'y a plus qu'à replier le parachute mais moi, je suis prêt à redéployer mes ailes. Merci Mlle Lapoisse et compagnie et vivement vos 60 ans.

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