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Sanitaire
Ce qu’il fallait retenir des réunions GDS

Le groupement de défense sanitaire du Calvados a organisé une série de réunions d’information, dans le département, en septembre. À Isigny-sur-Mer, mardi 28 septembre 2021, une vingtaine d’éleveurs y ont participé et partagé leurs inquiétudes.

GDS 14 - Réunions d'information
Jean-François Rouland, vétérinaire du GDS, a présenté notamment le plan d’éradication de la BVD. Derrière lui, Etienne Gavart et Jonathan Lenourichel, directeur et président du GDS 14.
© DR

Mardi 28 septembre 2021, une vingtaine de personnes est réunie à Isigny-sur-Mer. Elles ont répondu présentes à l’invitation du GDS. Pendant un mois, le groupement de défense sanitaire a organisé des réunions d’information, dans le territoire, pour les éleveurs et les vétérinaires. L’idée est de balayer les sujets sanitaires d’actualité.

Tuberculose bovine : attention contention

C’était le gros morceau de la soirée. Les éleveurs et vétérinaires d’Isigny et alentours entrent dans la zone de prophylaxie pour cinq ans, minimum. Du côté des vétos, l’inquiétude sur la charge de travail est montée d’un cran : « nous avons appris aujourd’hui que ce ne sont pas 9 000 mais 14 000 bovins que nous devons passer en prophylaxie. Nous avons recruté des jeunes pour nous aider, mais nous sommes inquiets sur la contention ». Jonathan Lenourichel, président du GDS, conseille aux éleveurs de s’entraider : « c’est à vous d’assurer la sécurité des vétérinaires. On recommande d’être à trois éleveurs, en plus du véto, pour assurer la contention ». Si « le démarrage est compliqué », reconnaît Etienne Gavart, il rappelle que « le GDS verse 2€/bovin pour la contention ». La campagne de prophylaxie a démarré le 1er octobre 2021 et se termine de 30 avril 2022. Près de 100 000 bovins doivent être testés.

Tuberculose : nouvelles règles

Le GDS est dans l’attente d’un arrêté ministériel qui devrait changer quelques règles en 2021 : les cheptels suspects à l’issue de la prophylaxie n’auront plus à réaliser de nouvelle prophylaxie 42 jours après (l’APMS est levé au vu des résultats d’abattage diagnostique) ; les cheptels susceptibles d’être infectés bénéficient d’une nouvelle réglementation. S’il s’agit de cheptels en lien épidémiologique avec un cheptel infecté, IDC et interféron de prophylaxie sur tout ou partie des animaux ; abattage possible des animaux achetés en foyer. Le Département et le GDS s’associent pour mettre l’accent sur la biosécurité : dans un élevage infecté, un représentant de l’exploitation devra suivre une formation biosécurité. Idem pour les cheptels voisins de parcelle ou susceptibles d’être infectés par la faune sauvage. Le GDS propose ensuite la réalisation de l’audit biosécurité des exploitations et le Département accompagne financièrement la mise en place des mesures grâce à l’aide aux petits investissements. Au GDS, Anne Legoupil va y consacrer 75% de son temps : «  l’obligation de formation n’est pas rétroactive, elle s’appliquera pour le futur. La biosécurité, ça fonctionne vraiment », insiste le directeur.

Besnoitiose bovine : bas les mouches

La maladie parasitaire, plutôt connue dans le sud de la France, est transmise par les mouches. Elle se répand la plupart du temps au sein d’un même troupeau. « Les mouches ont tendance à respecter les clôtures, s’amuse Jean-François Rouland. Plus sérieusement, si un bovin fait fuir une mouche, elle va aller sur celui d’à côté et pas traverser la haie. » La besnoitiose entraîne une infection pouvant rester inapparente alors que les bovins sont contagieux. Les cas cliniques évoluent en trois phases, qui ne sont pas révélatrices de la maladie, mais peuvent induire en erreur, jusqu’au dépérissement de l’animal. Il n’existe pas de vaccin et l’élimination des bovins séropositifs semble être le seul moyen curatif. La besnoitiose peut rendre les taureaux stériles. Elle est apparue en Normandie cette année. Les départements ex bas normands instaurent des contrôles à l’introduction. « Il n’y a que quelques cas dans le Calvados, ça vaut le coup de s’en occuper. La gestion de la maladie coûte 38 000 € à la mutualisation. Nous devons commencer par établir un état des lieux », relate Jonathan Lenourichel.

Loi de santé animale

En avril 2021, une loi européenne réglementant les maladies animales a été votée. Jusqu’alors inexistante, la « nouvelle réglementation sanitaire met en place une stratégie du mieux vaut prévenir que guérir. Un bovin passe une frontière interne toutes les quatre minutes », contextualise Etienne Gavart. Le système de classement français des maladies (DS1, DS2, etc.) n’est désormais plus valable. Il faudra parler de maladies de niveau A, B, C, D ou E. « Pour nous, en France, 52 maladies ne changent pas de catégorie », précise Etienne Gavart. C’est-à-dire que la même surveillance reste en place. En revanche, « si certaines maladies, comme la loque américaine, ne seront réglementées qu’à la demande de la profession, onze maladies remontent dans le classement ». L’arrêté ministériel édictant les nouvelles règles de surveillance et de maintien de statut n’étant pas encore sorti, les règles antérieures s’appliquent. Le directeur du GDS a présenté un focus IBR : « la Commission européenne a reconnu le programme d’éradication du GDS France. C’est une grande victoire, car notre statut indemne est reconnu partout en Europe. » En revanche, l’UE impose un renforcement des prophylaxies pour 9% des cheptels non indemnes d’IBR afin d’avoir éradiqué la maladie pour 2027. La LSA offre « une panoplie d’outils très efficaces », promet Etienne Gavart.

 

L’ABCD des maladies bovines en UE
A : les 14 maladies exotiques, que l’on ne veut pas dans l’UE, comme la PPA. B : les 3 maladies à éradication obligatoire, dont la tuberculose. C : les 7 maladies à garantie additionnelle. L’État membre choisit de l’éradiquer, ou non. S’il en est indemne, des mesures de contrôle sont mises en place lors d’échanges. Exemple : l’IBR. Toutes les maladies A, B et C sont dans la catégorie D : les 44 maladies à mesures de contrôle aux mouvements. E : 49 maladies, soit les 44 D + 5 autres à surveillance et notification européenne.

 

Les formations biosécurité
Lundi 8 novembre, à Evrecy
Lundi 15 novembre, à Thury-Harcourt
Mardi 16 novembre au Molay-Littry
Vendredi 19 novembre, à Orbec
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