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Innovation et excellence
Du camembert aujourd’hui au cheddar demain

A la carte de « Naturellement Normande », à Landelles-et-Coupigny (14), un camembert AB-STG-Lait de foin moulé à la louche. Et demain ? Peut-être un cheddar virois !

Naturellement normande
« Un beau projet répondant aux attentes de la société mais encore faut-il que le citoyen soit stable dans sa façon de consommer », plaide Jean-Yves Heurtin (au centre), président de la Chambre d’agriculture du Calvados.
© DR

« Un beau projet répondant aux attentes de la société, mais encore faut-il que le citoyen soit stable dans sa façon de consommer », plaide Jean-Yves Heurtin. Le président de la Chambre d’agriculture du Calvados a invité, le 6 novembre dernier, Philippe Court (préfet du Calvados), à ouvrir le dossier de la transformation et vente directe à la ferme. Pour nourrir les échanges, l’exploitation de Janine et Denis Lelouvier « Naturellement Normande » à Landelles-et-Coupigny près de Vire, l’unique producteur de camembert bio moulé à la louche du département et, qui sait, demain de cheddar (1) ?

Une histoire d’amour

« Naturellement Normande », c’est d’abord une histoire d’amour à deux : un jeune agriculteur normand et une professeure de voile anglaise venue, en 2007,  passer ses vacances dans un coin de verdure. C’est aussi une histoire d’amour à 3 plurigénérationelle : un terroir bocager, une race bovine (la Normande) et un fourrage (l’herbe). « Je me suis installé en 1998 dans le prolongement de mes parents : du lait et des bœufs sur 60 ha dont 6 de maïs le reste étant en pâturage », commente Denis Lelouvier. Neuf ans plus tard, il vit « L’amour est dans le pré », version britannique, mais sans Karine Le Marchand et son côté voyeurisme.
Ils se marient en 2008 et Janine prend vite goût à l’agriculture au point de s’installer officiellement en 2015. L’exploitation regroupe alors 80 ha pour 300 000 litres de lait, mais la course à l’agrandissement ne fait pas partie de la stratégie d’entreprise. « Au lieu de nous agrandir, nous avons fait de la vache allaitante en vente directe. Parallèlement, l’idée de fabriquer du camembert à la ferme a germé ».

1 000 camemberts par semaine

Le début d’une aventure loin de se résumer à un long fleuve tranquille, mais l’essai a été transformé et, semble-t-il, de façon durable comme ce couple franco-britannique. Ce sont aujourd’hui 200 camemberts fabriqués à la ferme 5 jours sur 7, soit 1 000 par semaine, commercialisés sur place ou auprès de la distribution locale. Un produit d’excellence, « 5 louches pour laisser le caillé s’écouler tout seul » qui cumule plusieurs signes de qualité. AB (Agriculture Biologique) et STG (Spécialité Traditionnelle Garantie) « Lait de foin » (voir encadré). Tout cela a un coût. Financier tout d’abord avec 8 000 euros à rembourser tous les mois. En charge de travail aussi avec des fromages qui se font retourner jusqu’à 22/23 heures du lundi au vendredi.
Quant au lait du week-end, Janine et Denis pensent sérieusement le transformer en cheddar. Pouët-pouët camembert !

(1) Le cheddar est un fromage jaune pâle au goût prononcé au lait de vache. Il est originaire du village anglais de cheddar dans le Somerset. Il se décline en différentes variétés dans plusieurs pays : Royaume-Uni, Irlande, Canada, États-Unis, Afrique du Sud, Nouvelle-Zélande, Australie et Suède.

Lait de foin : kesako ?
L’association « Lait de foin » est une association française d’agriculteurs qui a pour but la promotion et la défense de l’appellation qui constitue une STG (Spécialité Traditionnelle Garantie) reconnue au niveau européen. La STG est déjà appliquée en Allemagne et en Autriche, le pays précurseur. Aujourd’hui, ce sont 6 000 producteurs engagés et 450 millions de litres de lait certifiés soit 15 % du volume de lait autrichien. Au cahier des charges : aucun aliment fermenté, minimum 75 % de fourrage dans la ration annuelle (herbe, foin...) et pas d’OGM.
En savoir plus : Association lait de Foin 3, rue du Chêne Morand, 35510 Cesson-Sévigné. Tél. 02 30 06 08 36 ou 06 15 41 52 82 - contact@laitdefoin.fr
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