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Réflexion sur le climat
Julie Duperray aborde le changement avec philosophie

La philosophe Julie Duperray était invitée au forum, animé par la Fédération des Cuma Normandie Ouest jeudi 1er décembre 2022 dans le cadre d’un contrat d’objectifs, sur le sujet des prairies. Son intervention a permis de relativiser la notion de changement climatique.

Julie Duperray, formée à la philo et la gestion des entreprises à La Sorbonne, est consultante dans un cabinet de conseil.
© DR

Comment s’adapter au changement climatique ? Comment interagir en groupe ? C’est par le prisme de la philosophie que les questions ont été abordées lors du forum prairie et climat, jeudi 1er décembre, organisé par la Fédération des Cuma Normandie Ouest, la Chambre d’agriculture, les Civam, Bio en Normandie, Sileban et Astredhor en visioconférence.

Comment définir le changement ?

Le changement : « mouvement naturel, du monde, de la nature, de notre société », définit la philosophe Julie Duperray. Elle poursuit : « tout change tout le temps ». Et de citer Héraclite : « on ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve », sous-entendu, l’eau n’est plus la même que la fois précédente, « la vie est une succession de changements ». Elle interroge : « nous sommes pris dans la vie quotidienne, les jours, les saisons, les années se répètent. Qu’est-ce qui fait alors qu’on se dit : j’agis pour changer ? » La philosophe relie le changement au temps et assure qu’il « n’y a pas de changement sans temps qui passe ». Si l’humain a étiqueté le temps avec des secondes, minutes, jours, années, le temps « n’a pas besoin qu’on le nomme pour s’écouler ». Julie Duperray oppose l’urgence du changement climatique au temps quotidien, aux « routines nécessaires pour avancer ».

La peur du changement

« Les gens ont peur du changement. On nous demande de changer d’un coup, mais sommes-nous capables de changer quelque chose que l’on fait depuis des années ? » Il est, selon elle, important de « repenser le changement, non pas comme un événement, mais comme un process, renforcé par l’urgence de réfléchir, de prendre la mesure qu’il faut un certain temps pour se mettre en mouvement ». Une notion d’autant plus avérée dans le monde agricole que le pas de temps se compte en saison, voire en campagne pour récolter les fruits du changement. Un participant témoigne : « quand je change de pratique sur mon exploitation, il me faut cinq ans pour que je la maîtrise ». Ne pas oublier la spécificité agricole, qui travaille avec du vivant.

Pas de changement sans collectif

« Un changement global, comme celui que l’on doit faire, ne peut advenir sans collectif », insiste la philosophe. Si chacun doit « prendre sa part du grand mouvement », la difficulté, en collectif, est « de se mettre d’accord, de dépasser les peurs des uns et des autres ». Une personne de l’auditoire souligne l’existence de la solidarité paysanne, des corvées communes et des échanges entre paysans : « l’approche collective appartient au monde paysan ». Alors que les fermes disparaissent, que le premier collègue voisin n’est plus forcément dans le village, le partage entre les agriculteurs s’est adapté et étendu, aussi bien géographiquement que sur le plan des technologies. Une autre soulève que « le groupe permet de se rassurer face au risque quand on est hors cadre (sécheresse, chaleur) ». « Comprendre la relation au changement, reprend Julie Duperray, c’est comprendre comment le voir et le percevoir. Il faut accepter la notion d’erreur à partir du terrain. Accepter qu’elle nous apprenne quelque chose et le partager ».

 

 

 
GIEE, cuma, civam : De l’expérience personnelle à la force du groupe
À l’issue de l’intervention de Julie Duperray, trois groupes (GIEE, Civam, Cuma) de travail de la prairie ont échangé leurs fiches d’identité et raisons d’être. En est sortie l’importance de la force du groupe pour initier le changement (achat de matériel en commun comme un andaineur à tapis par exemple) mais aussi que « l’expérience n’éclaire que soi-même. Ce qui est vrai chez moi ne s’applique pas à la virgule près chez mon voisin ». Les participants soulignent l’importance d’être dans le « pragmatisme » et non dans le « dogmatisme » quand il s’agit de changement.
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