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MFR d’Alençon et Services de Remplacement
Open Badge : donner le goût de traire aux jeunes

La MFR d’Alençon s’est emparée du dispositif des « open badges », nouveau système de badges numériques servant à reconnaître les compétences pour valoriser le savoir-faire de ses jeunes en formation par alternance.

Traite en autonomie pour Fabien, Quentin et Pauline, élèves en CAPa 2 par alternance à la MFR d’Alençon.
© DR

Ce soir-là, 28 mars 2023, Thomas Bouju éleveur laitier à Ciral dans l’Orne, est tout sourire. Trois jeunes en formation par alternance à la MFR d’Alençon s’affairent à sa place dans la fosse de sa salle de traite 2 x 7 en épi. La traite des 60 Prim’Holsteïn de l’EARL est intégralement prise en charge par les jeunes entraînés, mais qui ne connaissent pas cette exploitation.  

Tous volontaires

Dès les premiers gestes, l’éleveur perçoit la maturité des étudiants et leur capacité à prendre en charge la traite de A à Z. Très vite, il s’éloigne. Pauline, Quentin et Fabien (16 à 17 ans) en CAPa 2 Métiers de l’agriculture sont volontaires pour cette opération.

Qu’est-ce qu’un open badge ?
La norme « open badge » est apparue en 2010 à l’initiative de la fondation Mozilla et s’est développée dans plusieurs pays dont la France. Un open badge est un fichier numérique avec des informations sur le porteur du badge, son émetteur, les critères et les conditions d’attribution… L’open badge atteste aussi bien de compétences acquises (comme dans notre cas) mais peut également prouver l’engagement dans un projet par exemple…

A côtés d’eux, en salle de traite, Anita Duboust, présidente du Service de remplacement sur Alençon, et Anne Breemeersch, formatrice technique en MFR, observent détendues tous les faits et gestes des apprenants et cochent les cases de la « check list » des critères d’attribution.

Animatrice des Services de remplacement de l’Orne, Camille Champain veille non loin. Une heure trente plus tard, la traite est finie, les vaches reparties en stabulation, les installations nettoyées, les jeunes souriants. Arrive le temps du débriefing en présence de l’éleveur.

Sens pratique

« Comment avez-vous vécu l’opération ? », lance Anne Breemeersch la formatrice. Chacun s’exprime. Fabien suggère un rehaussement du quai pour être davantage à la bonne hauteur et des griffes un peu plus souples pour éviter les débranchements de manchons. Pauline habituée à un autre système de traite explique ses gestes et compare… Une véritable discussion s’engage « entre professionnels », d’égal à égal. Les élèves n’en sont pas à leur première traite, loin s’en faut. C’est tout l’intérêt, non pas « sanctionner des connaissances », mais plutôt « reconnaître et valoriser des compétences déjà acquises ».

 

L’éleveur apprécie leur retour et se réjouit de leur sens pratique. S’ensuit le commentaire des deux observatrices officielles sur le travail de chacun. Chaque jeune est conforté dans ses bonnes pratiques, mais également corrigé dans ses petites erreurs. Anita Duboust est sensible au calme des interventions, mais surtout à la capacité d’observation et de communication des étudiants. « Si l’éleveur ne vous a pas parlé des bracelets par exemple, il faut tout de suite le questionner pour savoir comment ça marche avec les couleurs et prendre des notes ! »

Au final, l’open badge « Traite en autonomie » est validé pour les trois jeunes. Camille Champain des Services de remplacement profite de l’occasion : elle saisit les « 06 » des élèves dans son mobile professionnel afin de les solliciter ultérieurement pour des missions. Ayant repéré l’attirance des trois CAPa pour le matériel, Thomas Bouju leur propose un « tour d’exploitation » avant leur retour à la MFR.

 

Questions à Eric Leroy, directeur de la MFR d’Alençon : "Identifier les compétences en traite"
 
Comment est née cette idée d’un open badge « Traire en autonomie » ?
Nous avons été sollicités par notre Fédération pour réfléchir à l’intérêt des open badges dans notre pédagogie. Nous avons pensé à un open-badge « Traite » pour valoriser les compétences de nos jeunes. Leur profil « terrain » correspond complètement aux besoins de main-d’œuvre. Nous avons sollicité le Service de remplacement pour définir ensemble les critères et les conditions d’attribution dans le cadre de notre Conseil de perfectionnement avec nos maîtres d’apprentissage.

L’idée était de permettre d’identifier les compétences en traite car un diplôme CAPA, Bac Pro ou BTS ne valide pas spécifiquement la capacité à traire en autonomie qui est pourtant une capacité très recherchée aujourd’hui.
 
Comment les jeunes ont-ils réagi à cette proposition ?
La quasi-totalité des jeunes de la classe de CAPa 2 Métiers de l’agriculture se sont montrés intéressés. Il n’y a aucune obligation, il s’agit d’une approche basée sur la motivation. Cinq de nos jeunes ont déjà obtenu cet open badge dont quatre ne sont pas d’origine agricole. Un vrai succès.
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