Aller au contenu principal

Entretien des haies
Valoriser le stockage de carbone en Pays d’Auge

La Chambre d’agriculture du Calvados veut réunir jeudi 10 septembre agriculteurs, collectivités et entreprises du Pays d’Auge autour du stockage de carbone par les haies. L’objectif : financer l’entretien durable des haies en échange d’unités carbone.  Explications.

VALORISATION DES HAIES
Claude Adam-de Boever, élue à la Chambre d’agriculture du Calvados et son associé Xavier de Boever devant l’un des 33 km de haies du Gaec Vorcint à La-Chapelle-Haute-Grue.
© DR

Le Pays d’Auge est reconnu pour ses haies, « certaines sont parfois classées, révèle Claude Adam-de Boever éleveuse élue à la Chambre d’agriculture du Calvados, ce qui nous empêche d’y toucher ». Actuellement, la gestion et l’entretien des haies sont assurés par les agriculteurs. « C’est un poids, une charge pour les agriculteurs, dénonce l’élue qui possède elle-même 33 km de haies sur 250 ha de SAU à La-Chapelle-Haute-Grue, nous avons un retard d’entretien, parce que nous avons de petits revenus. Nous les avons transformées en haies basses pour faciliter la taille chaque année ». Le coût de l’entretien de 1 km de haie est estimé entre 100 et 300€ par an. Céline Bayet est conseillère agronomie et environnement à la Chambre d’agriculture du Calvados, elle constate, « le bocage vieillit et se dégrade, les agriculteurs n’ont pas les moyens de rafraîchir, regarnir, retailler ». Pourtant, les haies bien entretenues sont de véritables capteurs de carbone. On estime que 1 km de haie stocke 3 tonnes de carbone par an. « Elles retiennent l’eau et permettent de lutter contre l’érosion des sols, elles favorisent la biodiversité », ajoute la conseillère. « Les touristes viennent se promener, souligne Claude Adam-de Boever, il ne faut pas oublier que ce sont les humains et les animaux qui façonnent le paysage ».

La valeur des haies

L’outil Carbocage, certifié par l’Inra et en cours d’homologation auprès du ministère de l’Agriculture, permet d’évaluer le carbone stocké dans une haie et de transformer ces données en unités carbone. Sur une démarche volontaire, ces unités pourraient être achetées par des entreprises ou des collectivités. Pour elles, l’objectif est d’afficher un bilan carbone le plus neutre possible reconnu dans le cadre du label national bas carbone. Pour les agriculteurs, de bénéficier d’un financement de l’entretien des haies. Ces derniers s’engageraient sur un plan d’entretien durable de 15 ans comprenant un audit et la mise en place d’un plan de gestion réalisé par la Chambre d’agriculture. « Ça enverrait un message positif vers l’agriculture, se réjouit l’éleveuse : reconnaître qu’on a un rôle important dans la société et notamment un rôle positif dans la lutte contre le réchauffement climatique ».

Dynamique locale

« Actuellement, certaines entreprises financent des programmes à l’étranger, relève Céline Bayet, ce projet crée un marché local ». Autre aspect positif envisagé, la relance de la filière bois déchiqueté. « Il y a dix ans, on espérait qu’elle se développe. Avec mon mari, nous avons investi dans une chaudière, mais nous brûlons à peine 100 m de haie linéaire par an ». Le bois taillé pourrait être commercialisé. « On a tout le matériel nécessaire en Cuma, rappelle-t-elle. C’est aussi une bonne alternative au fioul qui émet du carbone ».
À l’issue de la réunion jeudi 10 septembre, un premier groupe test devrait être constitué avec les personnes intéressées : « si l’expérience est concluante, on poursuivra avec d’autres », s’engage l’élue.

 

Des pionniers dans la Manche
Stéphane Pestel est conseiller gestion du bocage à la Cran, il présentera la démarche de valorisation du stockage de carbone par les haies bocagères jeudi 10 septembre à Lisieux. « Dans la Manche, qui est le département le plus bocager de France, nous avons commencé à expérimenter avec un groupe de neuf agriculteurs. Ils sont basés sur le territoire de Perriers (Centre-Manche) et sont réunis en GIEE sur le thème des énergies renouvelables depuis début 2019. Nous avons présenté le projet à différents acteurs ; le Département de la Manche a confirmé être intéressé pour compenser une partie de ses émissions. Il achètera des unités carbone sur des haies engagées dans une démarche de gestion durable. Quatre agriculteurs ont contractualisé et ont commencé le diagnostic de leurs haies. À partir de septembre s’ensuivra la mise en place du plan de gestion avec une logique de gestion durable et dynamique pour que les haies stockent davantage de carbone. L’effort de compensation du Conseil départemental pourra être reconnu dans un label bas-carbone. »
 

Réunion pratique
Jeudi 10 septembre à 14h
Chambre d’agriculture de Lisieux
Inscription obligatoire en raison des conditions sanitaires auprès de Sylvie Fagret
02 31 31 31 85 - s.fagret@calvados.chambagri.fr

Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Fossé traité : l’agriculteur ne nie pas mais regrette la procédure
Début juin, un agriculteur reçoit un appel de l’Office français de la biodiversité du Calvados pour avoir traité un fossé. Lundi…
Une éleveuse ornaise sur les marches du festival de Cannes
Jeudi 15 juillet, Anne-Cécile Suzanne, agricultrice à Mauves-sur-Huisne (61), a monté les marches du Palais des festivals à…
Pour la Préfète de l’Orne, Françoise Tahéri, Maxime Le Jeanne décrit l’équipement de l’unité de méthanisation installée en 2011 au Gaec des Fossés à Moussonvilliers dans le Perche et agrandie en 2016.
La préfète appréhende le cycle complet de la méthanisation
Sur l’invitation de la FDSEA et de JA, Françoise Tahéri, préfète de l’Orne, s’est rendue mardi 6 juillet 2021, dans l’élevage de…
Les rendements en orges sont au rendez-vous de la moisson
En date de lundi 19 juillet 2021, les organismes de collecte saluent une belle avancée dans les orges et attendent les premières…
Catherine Pilet-Fontaine, exploitante à Ranville, Daniel Savary, salarié et Geoffroy de Lesquen, agriculteur et vice-président de la fédération des chasseurs du Calvados.
La faune sauvage préservée grâce à la barre d’effarouchement
A Ranville, Catherine Pilet-Fontaine vient de recevoir une barre d’effarouchement, financée par la fédération des chasseurs du…
Moisson 2021
La météo pluvieuse contrarie la collecte
Lundi 26 juillet, la collecte des orges se termine mais la pluie a stoppé l’avancement des récoltes.
Publicité