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Projet documentaire
[EN IMAGES] Une fenêtre sur le Maroc et le changement climatique

Avec L'Odyssée marocaine, Ugo Denis a souhaité mettre en lumière le changement climatique au Maroc, dans l'espoir qu'en Normandie, on anticipe, on s'interroge. Un périple mis en images par Cedric Skrzyniarsz.

Tout commence par un rêve un peu fou. Pour Ugo Denis, ce songe est fait de moto, de contrées arides et d'exotisme. Dans la réalité, cela donne quelques sueurs (pas froides), des paysages à couper le souffle, un choc culturel : bienvenue dans l'Odyssée marocaine.

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C'est parti

Ugo Denis est spécialiste de l'innovation et du développement durable. Originaire de Saint-Lô, dans la Manche, il rencontre dans le cadre professionnel de nombreux agriculteurs de par le monde entier.

À force, il a eu envie d'aller constater par lui-même ce que signifie réellement le réchauffement climatique dans des zones impactées telles que le Maroc et il en a fait un film avec le vidéaste Cédric Skrzyniarsz. L'idée d'un voyage solidaire à moto est née de cette interrogation : "Comment font les agriculteurs là-bas ?"

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L'irrigation  et la recherche

"Ils sont confrontés aux mêmes sujets que nous, caricature Ugo Denis. Dans le nord et nord-ouest du pays, le Rif, c'est aussi vert qu'ici. Ils sont sous les embruns, c'est tout le temps humide."

Pour autant, il y a bien des différences de climat, de politiques et d'usages. "Dès que l'on descend en dessous de Rabat, dans le sud et l'est, il y a des phénomènes très violents : des moments de sécheresse très intenses. Ce n'est pas seulement un manque d'eau : tout se réchauffe. Ce qui était cultivé avant ne peut plus l'être."

Face à l'absence de ressource, les puits sont de plus en plus creusés, entre quinze et vingt mètres, quand six mètres suffisaient il y a une dizaine d'années encore. "L'eau vaut désormais plus chère que les terres ! [...] Cet autre regard porté sur cette ressource change une multitude de choses. On peut s'en inspirer", constate-t-il.

"Le changement climatique, c'est plus de violence dans un sens comme dans l'autre."

"Il y a aussi de fortes pluies qui arrachent toutes tentatives de permaculture et de pousses", constate-t-il au gré des visites. Pour essayer de contrer ces phénomènes, "les paysans testent beaucoup de variétés en arboriculture. C'est super intéressant", souligne le voyageur. Le sans labour est également très répandu.

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Maroc vert

"Il y a une autre forme de violence, c'est la concurrence entre l'agriculture vivrière et la monoculture à grande échelle", constate Ugo Denis. Avec le plan Maroc vert, programme de politique officielle du pays, lancé en 2008, le roi Mohammed VI a pour objectif de faire du secteur agricole un levier de développement socio-économique fort.

"Les plateaux ont été investis par des propriétaires terriens financeurs pour cultiver des dattes medjool en grande quantité avec énormément d'eau. Il y a le canyon avec l'oasis d'origine où est pompée l'eau. En bas, les paysans n'ont plus rien, ils finissent par partir", situe-t-il.

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Perspectives

Après un an de travail, le moyen-métrage a été sélectionné pour participer au Deauville Green Awards. Une 1re projection a eu lieu fin septembre au CinéMoViking à Saint-Lô, suivie d'un débat en compagnie de Philippe Lecompagnon du CRDA Manche et de Thierry Chasles d'Afdi Normandie.

Pour demain, le duo aimerait réaliser toujours plus de projections pour créer les échanges. "Il n'y a pas de recette miracle, mais donner à voir les pratiques des uns et des autres, c'est sensationnel", achève-t-il.

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