Aller au contenu principal

Questions à Xavier Hay, président de la FDSEA du Calvados
FDSEA 14 : " Doubler le nombre de nos adhérents pour peser plus dans les décisions "

2021, une année de reconquête pour la Fdsea du Calvados. Son président, Xavier Hay, ambitionne à terme de doubler le nombre d’adhérents pour peser plus et mieux dans les décisions politico-économiques prises par les pouvoirs publics, les collectivités territoriales et les OPA (Organisation Professionnelle Agricole).

Xavier Hay, président de la FDSEA du Calvados
Xavier Hay, président de la FDSEA du Calvados
© DR

>> Quel bilan syndical tirez-vous de l’année 2020 ?
2020 a constitué une année compliquée. A cause de la crise sanitaire, nous n’avons pas organisé de grandes réunions ou manifestations. Nous avons cependant continué à travailler pour maintenir le lien à l’adhérent et les services que nous pouvons lui apporter. Mais force est de reconnaître que la distanciation sociale ne facilite pas l’échange et la convivialité dont nous avons tous besoin.

>> Et le bilan économique filière par filière ?
Il ne faut pas sombrer dans le catastrophisme. Des domaines comme la restauration, l’aéronautique ou bien encore la culture paient un lourd tribut à la Covid-19. Notre modèle économique est perturbé, mais le secteur agricole n’est pas le plus impacté. Le bilan est donc mitigé. On a craint au printemps pour le lin textile, mais le pire ne s’est pas produit. En céréales, la peur ressentie en mai-juin s’est quelque peu estompée. Restent d’autres filières comme la viande bovine ou la cidriculture pour qui l’addition est lourde notamment à cause de la fermeture de la RHF (Restauration Hors Foyer).

>> Quels sont les axes prioritaires en 2021 de la FDSEA ?
2021 doit constituer l’an I de la reconquête syndicale plus particulièrement au niveau du nombre d’adhérents Fdsea. Nous en comptabilisons 400 à ce jour, il nous en faudrait le double. L’enjeu est d’être mieux écoutés et considérés des pouvoirs publics, de l’administration, des collectivités territoriales, des associations de consommateurs et environnementales et même des OPA (Organisation Professionnelle Agricole). Tout cela vient en appui à notre réseau régional et national. J’en appelle donc à toutes les agricultrices et tous les agriculteurs pour une mobilisation visant à relever les défis à venir.
Nous avons créé une cotisation « découverte » à 90 euros, le frein ne peut donc pas être financier. Quant à un éventuel frein psychologique, commençons par nous parler et échanger dans le respect de nos différences. Je finirai sur ce point par le fait que l’équipe Fdsea s’est fortement renouvelée l’an dernier. Il y a des pages qu’il faut savoir tourner si on veut avancer.  

>> L’agriculture figure au menu du plan de relance. Vous en attendez quoi concrètement ?
Félicitons tout d'abord sur ce point le travail mené par la Fnsea qui a abouti au fait que la France soit le seul pays européen à s’être doté d’un plan de relance spécifique à l’agriculture. Alors « oui », il faut y aller à fond. Nous n’en connaissons pas à ce jour tous les contours, mais, avec l'appui de la Chambre d'agriculture, la Fdsea apportera son appui à tous les porteurs de projets. Au-delà, c'est relancer l'économie dont l'économie agricole qu'il faut avoir en ligne de mire. Cela passe notamment par la reconquête de marchés.

>> Dans son rapport sur la gouvernance des Chambres d’agriculture, Stéphane Travers constate que « la composition des collèges fait la part belle aux agriculteurs » et que le mode de scrutin « favorise la surreprésentation de la liste syndicale arrivée en tête ». Il propose d’associer davantage la société civile au délibéré et d’ouvrir les travaux du bureau aux organisations minoritaires. Vous partagez cette approche ?
Ça ressemble à du Macron avec les conventions citoyennes à la représentativité discutable alors que nous disposons de deux chambres nationales (ndrl : l'Assemblée nationale et le Sénat) démocratiquement et légitimement sorties des urnes. Pourquoi dans ces conditions vouloir réinventer de nouveaux comités si ce n'est pour aller dans le sens du vent ou prendre la main sur les décisions ?
Veut-on par ces propositions affaiblir le rôle de nos chambres consulaires en les noyautant ? La société civile participe déjà au débat agricole et cela ne nous gêne en rien, bien au contraire. Est-il besoin pour autant à l'instant T d'aller plus loin ?
Quant au fait minoritaire, on en connait un rayon dans le Calvados. Les minorités d'hier sont potentiellement les majorités de demain. C'est une réalité démocratique qu'il faut respecter et qui permet une gouvernance efficace. Pour s’en convaincre, il faut se plonger dans l’histoire et bien analyser le fonctionnement de la IVe république. C’est cela que l’on veut ?
Dernier point, être minoritaire ne veut pas dire ne pas avoir droit au chapitre ou ne pas être écouté... Toutes les décisions prises dans les Chambres d’agriculture ne sont pas que politiques, elles sont souvent techniques. Un nombre non négligeable de décisions sont prises sans opposition.

>> La révision du SDREA (Schéma Directeur Régional des Exploitations Agricoles) normand risque « de faire passer l’installation au second plan, alors qu’il s’agit d’un enjeu prioritaire pour l’avenir agricole et alimentaire » considèrent certains. Vous leur répondez quoi ?
Nous avons maintenu les seuils de contrôle existants jusqu’alors. La surface à partir de laquelle un exploitant est soumis à autorisation reste ainsi à 70 ha. C’était le même chiffre que pour les deux anciens SDREA. Cette surface tient compte de l’ensemble des productions de l’exploitation. De même, les reprises de foncier à plus de dix kilomètres du siège sont soumises à autorisation. Nous avons décliné les priorités à partir de l’installation et des différentes situations d’agrandissement. Nous avons voulu favoriser une approche structurelle. Le foncier demeure un sujet passionnel et le texte peut susciter des craintes, mais ceux qui pratiquent régulièrement la politique des structures comprennent parfaitement la démarche. Regrouper des terres autour du corps de ferme, c’est aussi un facteur favorable à la transmission et donc à l’installation.

>> Vous êtes prêt à vous faire vacciner contre la Covid-19 ?
Sans aucun problème. Je fais confiance à la science et aux scientifiques. Quand on demande qu’ils soient écoutés sur le glyphosate, il faut aussi savoir les écouter sur la Covid-19. Je suis persuadé que le rapport avantages/inconvénients plaide en faveur de la vaccination.

Lire aussi l'interview d'Anne-Maire Denis, présidente de la FDSEA 61 "Nous avons la chance de continuer à travailler"
Lire aussi l'interview de Sébastien Amand, président de la FDSEA 50 "Muscler le combat syndical pour le partage de la valeur ajoutée"
Sous-titre
Vous êtes abonné(e)
Titre
IDENTIFIEZ-VOUS
Body
Connectez-vous à votre compte pour profiter de votre abonnement
Sous-titre
Vous n'êtes pas abonné(e)
Titre
Créez un compte
Body
Choisissez votre formule et créez votre compte pour accéder à tout l'Agriculteur Normand.

Les plus lus

Le méteil implanté cet automne pourra être récolté en ensilage en mai.
Sécheresse : miser sur les prairies sous couvert
Alors que les fourrages manquent, le semis de prairie sous couvert de méteil est encore possible. Mais il la remise des bêtes au…
Dans l'Orne, en 2024, la Ferme des chèvres brasseuses a inauguré son investissement de 600 000 euros pour changer d'échelle.
Les bières locales dans le creux de la vague en Normandie
Au Fêno, parmi les nouveautés, un bar à bières rassemblera 17 brasseries artisanales de Normandie. La filière ne connait plus la…
"Il faut s'adapter aux aléas climatiques", clame Samuel Courvallet, exploitant et maire de la commune de Pierrefitte-en-Cinglais. Il a engagé un projet de retenue collinaire, mais le stockage des eaux hivernales divise en local.
"Je trouvais utile de récupérer cette eau, plutôt qu'elle aille à la mer" : dans le Calvados, il crée une retenue collinaire
En Suisse Normande, à Pierrefitte-en-Cinglais, Samuel Courvallet aménage une retenue d'eau collinaire. L'arboriculteur voit dans…
La série 7 du robot Agbot (marque AgXeed) peut être équipée d'un outil allant jusqu'à 18 m avec ses 230 ch. L'autonomie court jusqu'à 24 heures.
La Cuma de Sassy teste le robot AgBot
La Fédération des Cuma Normandie Ouest, en partenariat avec la Cuma de Sassy, a proposé une démonstration du robot autonome…
Fin septembre, une étape importante a été franchie : "Les deux conseils d'administration ont approuvé le projet de traité de fusion 
Fusion Agrial-Terrena : on entre dans la dernière ligne droite
Après un an de travail, le projet de traité de fusion d'Agrial et de Terrena a été validé par les deux conseils d'administration.
Le cochon de Bayeux et ses copains des autres races patrimoniales normandes sera au Fêno tout le week-end à Caen
Fêno à Caen : le meilleur de la Normandie à dévorer ce week-end
Du 16 au 18 octobre 2026, le Festival de la Normandie revient au Parc des expositions de Caen avec 420 exposants. Entre…
Publicité