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Solidarité 
Quand l'entraide et la solidarité relèvent une ferme dans le Calvados

Après cinq ans et demi à travailler en tant qu'animateur radio, Quentin Enée, 28 ans, a mis sa vie entre parenthèses pour remplacer son père hospitalisé. Il est revenu sur la ferme familiale située dans le Bessin et dresse aujourd'hui un premier bilan. Entre solidarité et retour aux sources, il a réussi à stabiliser la situation à l'aide de dizaines de bénévoles et associations, en attendant la réintégration progressive de son père.

En août dernier, Quentin Enée a rechaussé ses bottes dans l'urgence pour suppléer son père, hospitalisé et contraint de laisser son exploitation en grande difficulté. Cinq mois plus tard, la ferme a changé de visage. Sans projet d'installation à long terme, mais avec une énergie constante, le jeune homme a su mobiliser de nombreux bénévoles autour de lui afin de l'aider à remettre de l'ordre et redonner une dynamique à l'exploitation, le tout en renouant avec un univers agricole qui continuait à couler dans ses veines.

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Un second souffle

En l'espace de cinq mois, la ferme a changé d'allure : bâtiments rangés, silo nettoyé, matériel révisé, étables curées... "Quand on nettoie, on y voit plus clair, au propre comme au figuré", confie Quentin dont l'âme d'éleveur refait surface au fil des semaines. Le jeune homme a même été pris d'un élan de motivation pour nettoyer l'ancienne salle de traite qui communique directement avec la stabulation. "Ça me donne presque envie de faire du lait", glisse-t-il sur un ton mi-ironique, mi-nostalgique. Les animaux ont de nouveaux espaces dédiés, le foin est bien rentré et correctement stocké au sec, et plusieurs bovins "finis" ont pu partir avec un marchand, permettant de générer une petite rentrée de trésorerie.

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L'autonomie retrouvée

Un symbole fort de cette nouvelle étape est l'arrivée d'un tracteur Valtra N141 d'occasion équipé d'un chargeur frontal, acheté par Quentin en Eure-et-Loir. Un "très bon investissement" rendu possible en partie grâce à la cagnotte en ligne, qui a déjà permis de collecter 10 468 €, et qui reste ouverte. "Regagner de l'autonomie en ayant notre propre tracteur était indispensable. Ne plus dépendre en permanence des voisins, c'est aussi retrouver de la sérénité", explique Quentin. Le nouvel outil lui permet ainsi de manutentionner le foin, la paille, de bricoler et d'avancer sans attendre après personne.

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Synergies improbables

Depuis l'été, plusieurs dizaines de bénévoles ont répondu présent. Certains seulement pour une journée quand d'autres sont revenus durant plusieurs semaines et continuent à passer. Parmi les rencontres marquantes, Anton Langeron : un jeune garçon de 20 ans qui est venu aider Quentin et qui a fini par lui mettre en pension une génisse Normande de quelques mois dont il venait de faire acquisition [voir encadré, ndlr]. "C'est typiquement le genre de chose qui n'arriverait pas sans la solidarité. On vient pour aider un inconnu et on repart en faisant confiance à un ami", souligne Quentin.

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Retour aux sources

Cet épisode éprouvant a aussi ravivé quelque chose chez Quentin. Le contact quotidien avec les animaux, le bricolage, le travail en extérieur. "Je pense que je n'ai jamais cessé d'aimer ça", reconnaît-il, conscient tout même qu'il ne veut pas reprendre la ferme de son père. "Le bon côté de cette histoire c'est que cela m'a permis de retrouver des anciens camarades de BTS, de retrouver des ami(e)s comme Clémence, éleveuse de poules à Osmanville (Cocotte & Co)", positive Quentin. Malgré les difficultés qu'il a eues à surmonter - paperasse, matériel, fatigue (physique et mentale)... - la passion qui animait Quentin pendant ses études agricoles semble intacte.

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Préparer la transition

Les six prochains mois sont plus ou moins balisés. L'objectif est d'accompagner la réintégration progressive de son père sur la ferme, tout en préparant son propre départ, envisagé pour fin mai - début juin. "Le plus important c'est que mon père se sente capable de reprendre en main la gestion de la ferme seul, sans que sa santé en pâtisse", résume Quentin. En attendant, le jeune homme continue d'avancer, porté par cet élan de solidarité devenu le socle du redressement de la ferme. Pour lui, il s'agit d'une parenthèse agricole imprévue, mais profondément humaine.

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Alcaline, une génisse symbole de l'entraide

Pour ses 20 ans, Anton Langeron a reçu en cadeau de la part de Lou-Anne, sa copine : une génisse Normande. La jeune fille qui sait la passion de son compagnon pour les vaches a acheté l'animal, après de longues recherches, dans une ferme laitière en cessation d'activité près du Mans. Mais, vivant en appartement à Bayeux, Anton doit trouver une solution pour accueillir la génisse... Il avait trouvé un champ chez un agriculteur, mais au même moment, il entend parler de l'histoire de Quentin Enée et vient lui donner un coup de main sur la ferme. C'est alors que l'idée s'impose : Alcaline sera en pension ici. "On s'est dit que ça ferait du bien à Quentin et que cela nous permettrait de revenir régulièrement sur sa ferme", résument Anton et Lou-Anne. Depuis, les deux jeunes propriétaires de la génisse rendent visite à Alcaline tous les deux jours. Ils viennent la soigner, la dresser et l'habituer au licol. "Elle a une très bonne génétique", assure Anton, qui rêve déjà de concours. Affaire à suivre... !

Pour soutenir Quentin, vous pouvez effectuer un don sur le site Le pot commun : Unis pour la Ferme de la Maresquerie

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