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Portrait de jeune installée
Emmanuelle Leroux, éternelle amoureuse de Normandes

Emmanuelle Leroux, fan de Normandes et nouvelle présidente de l'Association des éleveurs de la race, entend prêcher un vent de positivité à Vachement Caen et ailleurs.

Si son visage n'est pas inconnu dans la campagne normande, Emmanuelle Leroux a endossé depuis peu une nouvelle casquette. L'éleveuse laitière installée à Courtonne-les-Deux-Églises, dans le Calvados, vient d'être fraîchement nommée présidente de l'Association des éleveurs de bovins de race Normande du Calvados, depuis le premier trimestre 2025.

Elle succède ainsi à Antoine Houssiaux. L'occasion de rencontrer cette pétillante jeune femme, amoureuse de vaches Normandes et optimiste pour sa filière.

Lire aussi : [EN IMAGES] L'Association Normande au pré avant Vachement Caen 2024

Les vaches ou rien

Très vite pour Emmanuelle Leroux, les vaches laitières se sont imposées comme une évidence. "Pour moi, ça a toujours été les vaches !", s'exclame-t-elle avec le sourire. Ses parents, Cécile et Thierry Leroux, se sont installés sur la ferme familiale en 1986.

"Il n'y a pas deux journées pareilles en élevage. J'aime ça !"

Elle a donc été à bonne école : "Pour moi, il n'y a rien de plus gratifiant que de s'occuper des animaux. On voit les vaches évoluer et on œuvre à l'avenir de l'élevage. [...] En filière laitière, l'objectif, c'est de garder les vaches le plus longtemps possible."

Après un baccalauréat scientifique, option paragricole, puis un BTS Acse au Robillard, elle s'est naturellement orientée vers un CS lait, avant de se former au commerce chez Agricadre à l'Esa d'Angers, puis de travailler pendant trois ans au Cerfrance en tant que conseillère de gestion.

En avril 2024, elle saute le pas de l'installation. "C'est le troupeau de mon arrière-grand-père à l'origine. C'est donc un plaisir de continuer cette activité. Je suis attachée à ma Normandie et la zone AOP me tient à cœur", entonne-t-elle.

Le lait est collecté et valorisé en AOP par Graindorge (Lactalis) pour fabriquer le fameux livarot, le camembert de Normandie et le pont-l'évêque.

Lire aussi : Graindorge mise sur le camembert AOP fermier et bio

Modernisation

Désormais âgée de 28 ans, Emmanuelle Leroux dorlote la centaine de pensionnaires, tandis que sa sœur, Camille, et son beau-frère, Clément, sont aux commandes respectives des vergers - 16 ha de pommiers basses tiges en bio - et des grandes cultures.

"On a trouvé notre équilibre", constate-t-elle. Le Gaec compte aussi deux salariés pour 340 ha de surface, dont 93 ha d'herbe.

L'atelier lait a accueilli deux robots Lely depuis janvier 2025. Un investissement de 300 000 € que l'agricultrice ne regrette pas : "La Normande s'est très bien adaptée. Contrairement à ce que certains pensent, avec la génétique de la race, le robot est adapté à tous types de systèmes, pas qu'aux systèmes intensifs", appuie-t-elle.

Jeune maman d'un petit Jean depuis un an, le robot s'est aussi imposé comme un "un vrai atout pour la vie de famille", admet-elle.

Lire aussi : Robot et pâture, un bon combo pour la Normande ?

Vachement Caen

Depuis début 2025, elle est devenue présidente de l'association de sa race préférée. "C'est une équipe avec une bonne dynamique. Ça s'est fait comme ça, j'avais envie de m'investir", décrit-elle. Parmi les projets, des foires et comices, mais aussi des voyages dans d'autres élevages.

"Vachement Caen, permet de donner de la visibilité à l'élevage, de rapprocher le rural et le citadin. C'est un super événement !"

Après avoir accueilli pour la 1e fois le concours départemental de la race en 2024, les organisateurs de Vachement Caen et éleveurs espéraient remettre le couvert. Mais c'était sans compter la situation sanitaire tendue avec la prolifération des cas de FCO.

Le Calvados dénombre plus de 80 foyers de FCO-3, d'après la DDPP 14 (deux tiers en bovins, un tiers d'ovins).

Lire aussi : Cap sur l'édition 2025 de Vachement Caen !

"C'est un gros investissement de temps pour un éleveur d'emmener une bête sur un concours. Il faut y aller en étant serein, sinon ce n'est pas la peine. Il faut qu'on évalue le bénéfice risque", juge-t-elle.

Le comité suit la situation de près pour trancher sur le devenir du concours. Mais quoi qu'il advienne, les représentants de la Normande seront là pour "donner une image positive du métier d'éleveur et expliquer notre travail quotidien auprès des animaux".

Lire aussi : Les Normandes se rallient à Vachement Caen pour 2024

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